À 18 mois, certains enfants alignent déjà plusieurs mots, d’autres se contentent de gestes pour s’exprimer. Les écarts de progression sont normaux, mais l’inquiétude surgit vite face à la comparaison. Le développement du langage ne suit ni calendrier figé ni trajectoire unique.
Les recommandations des spécialistes privilégient une stimulation quotidienne, fondée sur l’interaction et le jeu. Plusieurs stratégies, validées par la recherche, permettent d’accompagner ces premiers pas linguistiques et de renforcer la confiance des parents dans leurs pratiques quotidiennes. Les repères concrets et activités adaptées à cet âge favorisent un éveil harmonieux, quels que soient le rythme et les particularités de chaque enfant.
Comprendre les grandes étapes du développement du langage chez l’enfant
À 18 mois, un enfant navigue à vue dans l’univers des mots. Il teste, écoute, répète. L’apprentissage du langage ne se limite pas à l’articulation de sons : il passe d’abord par la compréhension, l’attention portée aux intonations, à la musique de la langue. Avant de former ses premiers petits assemblages, le tout-petit s’imprègne du flot verbal qui l’entoure. C’est le seuil entre les balbutiements et les débuts d’un langage plus organisé.
Ce parcours est tout sauf rectiligne. Vers un an, quelques mots émergent, isolés. Aux alentours de 18 mois, le vocabulaire s’enrichit, l’enfant commence à associer deux mots, imite les adultes, absorbe des bribes du quotidien. Ce que les spécialistes nomment « explosion lexicale » arrive à des rythmes très variables selon l’environnement, le contexte familial et la personnalité de chaque enfant.
Voici les repères clés pour mieux comprendre ce processus :
- La compréhension vient avant l’expression : un enfant saisit bien plus de mots qu’il n’en utilise.
- Les gestes, pointer, montrer, saluer, complètent le langage oral et facilitent la communication.
- L’envie d’échanger se construit dans la répétition des interactions avec l’adulte.
L’acquisition du langage repose sur la richesse du dialogue. Parler à l’enfant, nommer ce qui l’entoure, commenter les situations, tout cela élargit son univers verbal et structure sa réflexion. L’apprentissage ne s’arrête pas au mot prononcé : il englobe l’écoute, la capacité à répondre, la curiosité envers l’autre. Ces étapes, parfois subtiles, posent les bases solides d’une communication future épanouie.
À 18 mois, où en est mon enfant ? Signes et repères pour s’y retrouver
À dix-huit mois, c’est la curiosité qui guide l’enfant à travers les premiers mots. Certains égrainent leur vocabulaire comme des perles, papa, maman, doudou, encore, tandis que d’autres préfèrent observer, laissant l’expression verbale venir à son propre rythme. Il n’existe pas de norme universelle à cet âge.
Le plus souvent, l’enfant comprend des demandes simples, désigne des objets du doigt, imite les gestes et utilise le regard, la voix ou le corps pour exprimer un besoin. L’apparition de courtes phrases, deux mots accolés parfois maladroitement, « encore gâteau », « veux bras », « maman parti », marque une étape décisive. La structure de la phrase s’affine, le sens s’affirme petit à petit.
Parmi les repères les plus fréquents à cet âge, on retrouve :
- Un vocabulaire compris entre 10 et 30 mots, parfois davantage.
- La reconnaissance du nom de plusieurs objets bien connus.
- L’emploi de gestes pour compléter et renforcer ce qui est dit.
Certains enfants préfèrent écouter longuement avant de se lancer dans la parole, d’autres expérimentent, jouent avec les sons. La compréhension avance souvent plus vite que l’expression, et c’est tout à fait habituel à 18 mois. La qualité du regard posé par l’adulte, l’attention portée aux tentatives de communication, accompagnent la construction de ce langage balbutiant. Les différences reflètent l’environnement de chaque enfant, son histoire, les moments partagés au fil des jours.
Jeux, routines et activités du quotidien qui favorisent l’éveil au langage
Chaque moment de la journée peut devenir un terrain d’apprentissage. Le bain, le repas, la promenade : autant d’occasions d’introduire et de répéter des mots nouveaux. En nommant les objets, en commentant les gestes, « Voilà la cuillère », « Tu enfiles ton manteau », l’enfant fait le lien entre le mot et l’action. Ces échanges, même simples, installent le langage dans la vie courante.
Les jeux symboliques, dînette, poupée, garage, sont des alliés précieux. À 18 mois, un enfant aligne des voitures, couche son doudou, invente de petits scénarios. À chaque jeu, des mots surgissent : « Doudou dort », « Encore voiture ». Ces mini-dialogues, répétés, nourrissent l’acquisition du langage.
Les livres cartonnés méritent une place de choix. Feuilleter ensemble, nommer les images, laisser l’enfant pointer, tout cela développe son vocabulaire. La répétition des mêmes histoires, loin d’ennuyer, le rassure et l’aide à intégrer les mots. Les comptines, jeux de doigts, chansons rythment la journée et jouent un rôle déterminant : à cet âge, la musicalité des mots stimule autant que le sens lui-même.
Pour tirer le meilleur de ces activités, quelques pistes simples :
- Invitez l’enfant à chercher, à montrer : « Où est le chat ? », « Qui a vu la balle ? »
- Parlez distinctement, sans caricaturer ni simplifier à outrance.
- Accueillez et encouragez les balbutiements, les gestes, tous les essais de communication.
Le langage s’enrichit dans la proximité, l’attention aux tentatives, la répétition bienveillante. Ce sont ces petits moments du quotidien qui, patiemment, construisent le socle de la parole.
Conseils concrets pour accompagner et stimuler le langage à la maison
La maison reste le premier espace pour expérimenter le langage. Parler avec l’enfant, décrire les gestes du quotidien, transformer chaque moment partagé en opportunité d’expression : la progression se construit à travers la variété et la répétition. Un mot nouveau, une intonation inédite, un silence laissé pour susciter la parole. Dès les premiers échanges, le dialogue prend racine.
Voici quelques conseils à mettre en pratique facilement :
- Décrivez simplement ce que vous faites : « Je coupe la pomme », « Tu enfiles tes chaussures ».
- Laissez l’enfant interagir, qu’il réponde par un mot, un geste ou un regard. La communication commence bien avant la phrase complète.
- Proposez des choix : « Tu préfères le camion ou la balle ? », afin qu’il s’approprie les mots en les désignant.
Un environnement sonore vivant est un atout : lectures à voix haute, chansons, comptines, tous participent à l’enrichissement du langage. Favorisez la proximité, limitez l’exposition aux écrans qui, selon les chercheurs, n’apportent pas les mêmes bénéfices pour le développement verbal.
La reformulation joue aussi un rôle clé. Si l’enfant dit « tain » au lieu de « train », répondez simplement : « Oui, le train avance vite ». Cette façon d’accompagner sans corriger encourage l’effort, tout comme l’écoute attentive et la disponibilité. Chaque essai, chaque mot tenté, mérite d’être valorisé.
Si vous constatez que les échanges stagnent ou que la compréhension semble décalée par rapport à l’âge, il est possible de consulter un orthophoniste. L’orthophonie propose un accompagnement adapté, en lien avec les parents et les professionnels de la petite enfance, sans attendre que des difficultés majeures apparaissent.
Le langage s’apprend au rythme de l’enfant, dans la chaleur des échanges et la confiance tissée au quotidien. Parfois, un mot nouveau surgit quand on ne l’attend plus, comme une petite victoire partagée.


