Bébés intelligents: mettent-ils plus de temps à marcher ? Astuces et facteurs impactant!

13 % des enfants doués marchent après 17 mois. Ce chiffre ne dit pas tout, mais il bouscule d’emblée les certitudes sur le développement moteur précoce. Face à la marche, chaque enfant trace sa propre trajectoire, souvent bien éloignée des standards rêvés par les adultes.

Observer un enfant se redresser, puis hésiter avant de franchir le pas, c’est déjà entrevoir la complexité de son développement. Nul calendrier gravé dans le marbre : certains s’élancent à 9 mois, d’autres prennent leur temps jusqu’à 20 mois. Cette diversité n’a rien d’anecdotique : elle raconte la plasticité humaine, la finesse des ajustements corporels et psychiques en jeu. La bipédie a bouleversé notre anatomie, imposant un équilibre délicat entre cerveau volumineux et bassin maternel. D’où une naissance marquée par l’immaturité, un cerveau vaste mais encore en chantier, et des débuts de vie où tout, ramper, tenir debout, marcher, dépend d’une multitude de facteurs.

Ce qui freine ou accélère la marche ? L’histoire familiale, l’environnement, la stimulation quotidienne, mais aussi la façon dont les adultes accompagnent les premières tentatives, la gestion du sommeil, la capacité à accueillir les frustrations. Bien plus qu’un enchaînement d’étapes, l’apprentissage de la marche incarne le point de rencontre entre maturation neurologique, interactions familiales et contexte matériel.

Comprendre les différences de développement chez les bébés

La progression motrice des jeunes enfants ne suit aucune règle universelle. Dès la naissance, chaque parcours s’affirme : certains marchent à moins de 9 mois, d’autres attendront près de 20 mois. Cette amplitude, loin d’être une anomalie, reflète la souplesse et l’adaptation propres à notre espèce.

Pourquoi cette variabilité ? Chez l’humain, la naissance intervient alors que cerveau et système moteur sont loin d’être matures. Ce choix évolutif découle de la bipédie, qui a rétréci le bassin maternel, et du besoin de préserver un encéphale en croissance. Résultat : un bébé dépendant, qui mettra des mois à conquérir la verticalité.

Mais cette fragilité a un revers fructueux : elle favorise l’apprentissage, l’expérimentation, l’exploration. La libération des mains, la fabrication d’outils, la complexification des liens sociaux, tout cela découle de cette lente maturation. Chaque étape, ramper, se hisser, marcher, s’inscrit dans une histoire où interviennent gènes, environnement, relations affectives et hasard de la vie quotidienne.

Voici ce qui façonne la marche chez l’enfant :

  • La biologie et le contexte familial se conjuguent pour déterminer la chronologie des acquisitions motrices.
  • Ce que certains nomment “prématurité” façonne les rythmes de progression, sans jamais prédire le résultat final.
  • Aucune trajectoire ne ressemble à une autre : l’autonomie motrice arrive selon des horloges intimes, jamais identiques d’un enfant à l’autre.

Les bébés intelligents marchent-ils vraiment plus tard ?

Le cliché du “bébé intelligent qui marche tard” est bien installé dans l’imaginaire collectif. Pourtant, la science nuance cette idée reçue. Les recherches du Dr Oskar Jenni (Hôpital de l’enfance de Zurich) et du Pr Valentin Rousson (Université de Lausanne) apportent un éclairage précis : l’âge des premiers pas n’a aucune incidence sur le QI ou la réussite scolaire future.

En compilant les données de centaines d’enfants, les chercheurs suisses ont montré que seuls 25 % des variations dans l’acquisition de la marche s’expliquent par la génétique. Certains gènes influencent à la fois le développement cérébral et la morphologie du cortex, d’autres peuvent jouer sur le parcours éducatif ou la vulnérabilité à des troubles comme le TDAH. Mais impossible de dresser un portrait-robot : marcher tôt ne garantit rien, marcher plus tard non plus.

Fait notable : dans l’étude publiée dans Nature Human Behaviour, une acquisition plus tardive, mais toujours dans la normale, semble même associée à un risque moindre de TDAH. De quoi battre en brèche la croyance selon laquelle précocité motrice et intelligence marcheraient main dans la main.

Pour résumer les grandes lignes des recherches :

  • La maturation du cerveau suit un tempo propre à chaque enfant, sans rapport direct avec la date des premiers pas.
  • Un faisceau de causes façonne ces différences : la génétique compte, mais ne décide pas de tout.

La marche, finalement, n’est qu’une étape parmi d’autres : rien ne permet d’anticiper la trajectoire intellectuelle d’un enfant sur le simple critère de ses débuts sur deux jambes.

Facteurs clés qui influencent l’apprentissage de la marche

Le passage à la marche autonome ne tient jamais à un seul paramètre. C’est l’ensemble du contexte, biologique, familial, matériel, qui modèle le moment et la manière dont l’enfant s’élance.

La façon dont on accompagne les premières tentatives, la stimulation, la liberté de mouvement : tout cela pèse dans la balance. La motricité libre, encouragée par de nombreux professionnels, montre ici ses atouts : un espace sécurisé, des obstacles limités, la possibilité pour l’enfant d’explorer sans entrave favorisent le renforcement musculaire et la coordination.

Parmi les facteurs à surveiller ou à encourager :

  • La répétition de l’utilisation de trotteurs ou de chaussures dures peut ralentir l’apprentissage, en limitant la perception des appuis ou la liberté articulaire.
  • Le tempérament de l’enfant, son désir d’autonomie, les émotions vécues (peur de tomber, fierté, hésitation) influencent le rythme d’acquisition.

Si la marche tarde vraiment, au-delà de 18 mois sans autonomie, un bilan s’impose : certains troubles médicaux (neurologiques, orthopédiques, génétiques) peuvent entrer en jeu. On n’oublie pas non plus l’impact d’un environnement peu stimulant ou de difficultés relationnelles. Dans ces situations, la famille, souvent inquiète ou épuisée, joue un rôle central. Son soutien, sa capacité à accompagner sans forcer ni comparer, devient un levier majeur pour surmonter les obstacles.

Bebe garcon de 13 mois dans un parc en automne

Conseils pratiques pour accompagner sereinement les premiers pas

Accompagner un enfant vers la marche, c’est avant tout respecter son rythme et lui offrir un cadre adapté à ses explorations. Laisser l’enfant évoluer librement, multiplier les surfaces et les environnements, proposer des objets variés à manipuler : autant de gestes qui soutiennent la confiance et l’équilibre.

Marcher pieds nus, quand c’est possible, est une excellente façon de stimuler la proprioception. Le pied nu ressent le sol, affine les appuis, développe une conscience corporelle précieuse. Les trotteurs et chaussures rigides, à l’inverse, risquent de freiner cette progression : mieux vaut privilégier des tapis, des coussins, un espace dégagé où l’enfant peut tester sans danger ses capacités.

Le soutien émotionnel est tout aussi déterminant. Encourager, rassurer, accepter les hésitations, les petites frustrations, c’est aider l’enfant à bâtir sa sécurité intérieure. Si un doute persiste ou si l’inquiétude grandit, mieux vaut consulter un pédiatre, un psychomotricien ou un kinésithérapeute : une évaluation rapide permet d’identifier les points à soutenir, sans dramatiser ni stigmatiser.

Lorsque la marche accuse un retard notable, la collaboration entre spécialistes devient précieuse. Orthopédistes, neuropédiatres, ergothérapeutes : chacun apporte son expertise pour comprendre la situation, ajuster les prises en charge, accompagner l’enfant dans toute sa singularité. L’essentiel : s’affranchir des comparaisons, suivre le tempo propre à chaque histoire, et savourer les premiers pas comme une aventure unique.

Au bout du compte, marcher tôt, tard ou “dans la moyenne” n’est jamais un verdict. C’est le début d’une autonomie, le point de départ d’explorations singulières, d’un élan vers le monde dont chaque enfant écrit la partition.

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